Ready To Pop.

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Lorsque je sors en bas de chez moi je ne peux que constater le désastre.
Un quartier dit « populaire » au sud de Marseille. Quelques 2000 personnes y vivent. Tout le monde connaît tout le monde. Nous sommes tous allés à l’école implanté au coeur de même de la cité, au milieu des « blocs ».
Pourtant, ce qui me chagrine c’est ce phénomène qui prend de l’ampleur. Une grande partie de ces filles avec qui j’ai grandi, avec qui j’ai joué sont aujourd’hui enceintes et/ou déjà mères. Bien loin du scénario du « Pacte de Grossesse », ce phénomène reflète en fait une toute autre réalité. D’une part, ce n’est pas comme si c’était un cas isolé ou minime, auquel cas je ne serais pas là à jaser, non.
D’autre part, il me semble que ce phénomène augure quelque chose de bien plus inquiétant qui est selon moi le déclin qu’est en train de subir notre société. Le capitalisme exacerbé qui contribue à bipolariser la société, pour paraphraser Karl Marx. Parce qu’effectivement, je constate que malheureusement, ces jeunes filles précocement enceintes sont légion dans une grande partie des cités marseillaises. Ces cités baignés entre deal et prostitution quasi-légale. Ce phénomène est donc inquiétant car est-ce normal que ces jeunes femmes, ou plutôt ces jeunes filles pour la plupart, ne voient leur avenir qu’à travers leur statut de mère et n’ont pour autre objectif que d’enfanter et élever leurs petits. Je suis profondément triste, car les filles de mon quartier ont été à un moment mes amies. Certes aujourd’hui on ne se comprend plus, elles ont arrêté l’école au plus tard en 3ème, mais j’ai une profonde empathie pour elles. Et les voir en groupe avec leurs poussettes sur les escaliers en bas de chez moi, j’avoue que j’espérais vraiment une autre adolescence pour elles. Car aujourd’hui, je ne peux concevoir que ces femmes ne conçoivent leur émancipation qu’à travers la maternité et à travers leur statut de mère ou d’épouses, quand bien même la plupart d’entre elles n’ont même pas la sécurité juridique entérinée par le mariage (d’où l’importance aussi d’accorder le droit de se marier aux homosexuels, mais enfin c’est un autre débat).
L’échec de l’intégration des quartiers populaires mais aussi et surtout l’absence aux enfants en échec scolaire, voilà ce dont il s’agit. Je ne vois que la défaillance de l’Etat à protéger et à éduquer ses enfants…
Malheureusement, quelque chose a défaillit dans le processus de leur socialisation secondaire, un élément très important que beaucoup ne comprennent pas c’est ô combien l’école est émancipatrice et créatrice d’espoir. Mais si l’on n’inculque pas cela aux enfants dès leur plus jeune âge, comment se projeter dans l’avenir? Lorsque j’étais en CM2, notre école avait organisé une sortie, nous nous attendions à quelque chose de bien sympathique, on nous a emmené visiter un lycée professionnel comme pour nous faire comprendre « oui, vous les enfants de quartiers populaire, voilà ce qui vous attend au mieux ». Est-ce normal?
A tutti,
La Robe Rouge
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