Politique sécuritaire.

C’est devenu légion ces dernières années. L’arme principale du mandat sarkozyste même.

Si je vous demande le nom du ministre, je ne sais pas moi, du logement par exemple, je doute que vous ne trouviez le nom du premier coup, mis à part si vous connaissez le gouvernement par coeur, et que régulièrement selon les remaniements, vous vous mettez à jour.
Mais si je vous demande le nom du ministre de l’intérieure, là, c’est une autre histoire. Tout le monde connaît tous les ministres de l’intérieur. Pourquoi cette curiosité? Parce que les gens sont devenus aigris et que l’argument principal de nos chers politiques c’est de rétablir (ou maintenir?) l’ordre social et la sécurité. Comme si là où le bât blessait c’était simplement la déviance ainsi que la délinquance. Evidemment, c’est une stratégie politique bien rodée dont les différents dirigeants qui se succèdent héritent à leur arrivée.

On oriente les projecteurs sur la vilaine racaille des banlieues et des cités, qui braque, qui deal, qui agresse les petites mémés dans le métro et qui accessoirement viole les petites jeunes filles dans les caves de sorte à occulter si lâchement toutes les autres variables économiques et sociales qui elles sont sont utiles au développement et surtout au progrès social.

Evidemment il est plus simple de faire la chasse aux braqueurs et aux dealeurs que la chasse non pas au chômage mais à ce que l’on subit depuis les années 70 à savoir une flexibilisation toujours plus grande pour répondre au carcan infernale de la concurrence pure et parfaite imposée par la libéralisation totale du monde et par la globalisation financière, qui de ce fait impose aux travailleurs qui eux n’ont que leur force de travail à vendre (pour paraphraser Karl Marx) de n’être plus que de vulgaires facteurs de production que l’on déplace ça et là, que l’on n’utilise qu’au gré du carnet de commande.

Résultat? Une partie très importante des chômeurs sont donc dans l’enfer de périodes de travail en CDD et d’autres de chômage, ou pire encore de chômage partiel, c’est-à-dire avec des revenus mensuels proches ou en dessous du seuil de pauvreté. Evidemment, les plus touchés sont les jeunes, avec plus récemment de plus en plus de seniors dans ce cas de figure, et également une très forte sur-représentation des femmes.

Un marché du travail qui souffre de la recrudescence des emplois précaires allié à un système scolaire défaillant qui laisse de plus en plus de ses élèves sur le bord de la route voilà la réalité du système français.

Des jeunes laissés à l’abandon sans formation, sans possibilité d’emploi stable, dont une partie non négligeable tombe dans la délinquance. Bien avant cette chronique, Merton avant moi avait traité de ces phénomènes de déviance mettant clairement en cause d’une part une irrégularité de l’individu, manifestant ainsi d’une plus grande fragilité que les autres mais aussi et surtout une irrégularité dans la société. Cette irrégularité là, on la retrouve en France mais pas que. Elle résulte en fait du capitalisme, ce capitalisme déraisonné et outrancier qui véhicule des modes de vie insupportables en réalité pour 80% des femmes et des hommes. Non pas dans le sens où l’entend le commun des mortels, mais dans le sens où le système économique capitaliste vous pousse à consommer toujours plus, afin de dépenser toujours plus.

On ne vous le dit qu’à demi-mot, utilisant comme prétexte que plus de consommation engendrera de la production, et que la production est synonyme de croissance. Voilà le mot est lâché « croissance ». On vous dira alors que la croissance permet le développement humain, du bien être général, mais vous connaissez tous la célèbre phrase, « le PIB n’est pas un indicateur de BIB (bonheur intérieur brut). On vous pousse donc à consommer toujours plus sans vous dire que c’est uniquement pour grossir les caisses des grands patrons mondiaux et chez nous ceux du CAC40. C’est la fameuse société de consommation de masse. Mais ce que l’on ne daigne pas prendre en compte c’est que ces individus fragilisés par la société dès le départ sont soumis à ce que Tocqueville de son temps appelait la frustration relative. Il ne justifiait en rien les comportements délinquants mais expliquait simplement qu’ils étaient le produit même de la société. C’est à dire que la société donnant par exemple comme modèle: « le truc en ce moment, c’est d’avoir l’IPhone 5 », la partie de la population la plus aisée va pouvoir se le procurer, mais le petit bonhomme déjà fragilisés par maintes et maintes agressions de la société va être tellement frustré de cette situation, lui ne pouvant se procurer cet objet, qu’il va donc être amené à dévier et à commettre un délit. Ainsi, au lieu de se demander qu’est-ce qui a amené à ce que la violence augmente, par quels mécanismes sommes-nous arrivés à une telle situation, quelles sont les causes de telles pratiques, on se veut donneur de leçons, on se veut virulent dans la façon de pallier ce phénomène.

Que je sache, lorsque l’on est malade, lorsqu’on va mal, le médecin ne vous donne pas directement des médicaments lorsque vous lui énumérez vos symptômes, non, il vous examine, vous prescrit des analyses, des radios, des scanner, bref, il cherche toutes les causes possibles de votre mal. Bien que la comparaison est un peu triviale, il faudrait effectivement procéder de façon assez analogue au médecin: il nous incombe à tous de chercher les causes de chaque mal auquel nous devons faire face et éviter les réactions à chaud. Quant à nos dirigeants, ce n’est pas tout à fait la même chose, c’est une stratégie, mais la manœuvre est telle que nous sommes vites manipulés et l’on tombe à nouveau dans le stéréotype.

A tantôt tout le monde!

La Robe Rouge

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