Sois flexible et tais-toi.

Pour Adam Smith, ce qui justifiait le libéralisme c’était la nature égalitaire de l’échange, chaque individu a un penchant naturel à l’échange le lien marchand ménage selon lui leur liberté puisqu’il ne saurait y avoir de relations marchandes contraintes.
Sauf que là ou notre cher Père Fondateur de l’économie moderne se trompe c’est que justement le point d’équilibre n’existe pas et que tout lien marchand est forcément source d’un bras de fer. Et là où le bât blesse, c’est que la force de travail de l’Homme censé être libre le transforme également en facteur de production l’aliénant complètement lui et son être en étant obligé de vendre sa force de travail comme une vulgaire marchandise, dans une stricte équivalence des biens, selon la loi, anonyme et abstraite de la loi et de la demande.

Où est donc la liberté quand certains possèdent tout, d’autres rien sauf leur capacité à travailler et que ces mêmes là qui possèdent les moyens de production imposent à leurs travailleurs ce qui leur permet d’assurer un profit toujours plus important, toujours plus indécent.

Non, je ne crois pas en cette main invisible qui amènerait soi-disant à un optimum, car la réalité est toute autre et l’on assiste à l’asservissement toujours plus sévère des forces travailleuses qui sont obligées de tout accepter sous prétexte que la société est régie par la loi suprême de la concurrence pure et parfaite. Point de dialectique rationnelle des intérêts qui amènerait à un état social d’équilibre puisque justement les rapports marchands reposent sur un déséquilibre lié au fait que ceux qui possèdent les moyens de productions sont également détenteurs du pouvoir et donc main-mise sur leurs sort.

Malgré toutes les critiques que nos sociologues, en particulier Karl Marx, ont pu apporter quant à l’exacerbation de la flexibilité du marché du travail, le 11 janvier dernier était signé l’ANI, l’Accord National Interprofessionnel, que je préfère appeler l’Accord National pour l’Indigence qui organise « un compromis historique’ comme disait l’autre et qui n’a pour but que de flexibiliser le droit du travail du point de vue des entreprises selon le fameux modèle des pays nordiques (sauf qu’en l’occurrence toutes choses ne sont pas égales par ailleurs, enfin je dis ça, je ne dis rien). Le résultat est donc que malgré toutes les critiques, malgré tous les dangers, le salarié est encore et une fois de plus réduit à une simple fonction de marchandise, taillable et corvéable à merci. Comme disait Karl Marx dans le Travail Salarié et Capital, « le salaire n’est donc que le nom spécifique donné au prix du travail, au prix de cette marchandise particulière dont l’unique réservoir est la chair et le sang de l’Homme ».
Hier cet accord était adopté, ouvrant donc la porte à cette « flexisécurité » (du moins au regard des patrons), qui incite donc les entreprises à embaucher au gré de leurs carnets de commandes. Désormais ce sera donc plus que jamais la valse des contrats précaires, souvent payés en dessous du seuil de pauvretés, en tant que facteur de production parfaitement mobile et parfaitement flexibles, les travailleurs pourront également être envoyés à 500 km de chez eux et tout cela avec la bénédiction d’un président de la république de gauche.
Je garde pourtant espoir qu’un jour nos dirigeants s’occuperont de sécuriser nos emplois et non pas les profits des grands patrons.
Comme si aujourd’hui les patrons n’étaient pas assez bien lotis depuis la fin des années 80, de plus en plus nous courons vers une confiscation toujours plus aberrante de la valeur ajoutée au profit de ces derniers, accroissant toujours plus leurs profits et asservissant toujours plus les travailleurs.

Aujourd’hui en France, la devise est bien: Liberté, Inégalités, Flexibilité. Et si tu n’arrives pas à manger, nous en sommes désolés.

Flexisécurité

Révolutionnairement vôtre,

La Robe Rouge.

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Une réflexion sur “Sois flexible et tais-toi.

  1. Très bon texte, comme d’habitude ! Il y a une chose que je ne comprends pas : comment se fait il que le peuple ne dise rien, absolument rien ? On dirait que ça les arrange de se comporter en moutons, comme si une sorte de paresse les poussait à fermer les yeux. Lorsque leur employeur leur donnera le choix entre quitter famille et maison ou le licenciement sans indemnité, ils diront « si j’avais su » … Mais ils savent !! Le 5 mai, je serai à Paris, bien que cela me coûte. Je suis au chômage et j’ai 59 ans, le monde du travail ne me concerne donc plus mais je me bats pour mes enfants, pour tous les jeunes, pour mes (aller, j’ose !) camarades.
    Un grand merci à vous, Sophia, d’exprimer clairement ce que nous sommes nombreux à penser plus ou moins clairement !

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