Moins belle la vie.

« Travail, du latin tri palum « trois pieux », instrument de torture ».

Il n’est déjà pas chose aisée pour celui qui n’a rien d’autre que sa force de travail à vendre de vivre ainsi, grâce à l’aliénation suprême, sacrifiant sa liberté par la même occasion, mais ça l’est d’autant moins lorsque ceux qui achètent cette marchandise qu’est devenu la force de travail de l’Homme, contribuant à asservir toujours plus ce dernier.
Ce mardi 15 mai, le code du travail déjà bien malmené par les gouvernements précédents a été définitivement enterré par cet accord national interprofessionnel devenu loi, en mettant définitivement un terme un espoir pour les forces travailleuses d’avoir une vie professionnelle stable et donc un contrat à durée indéterminée qui aurait pu leur assurer un minimum de sécurité économique et financière.

Désormais, la variable d’ajustement, la norme qui définit le taux d’emploi, c’est le carnet de commandes de l’entreprise. Et ce schéma est justifié par le tau de chômage, ce chiffre qui devrait être simplement factuel, un état d’avancement de la société et de l’économie à un moment donné, se trouve instrumentalisé et devient un outil de chantage pour justifier la faiblesse des salaires, voire même leur baisse.

Le modèle de Hirshman s’en trouve alors totalement déstructuré puisque la culture d’entreprise ne fonctionne désormais que par l’étape « loyalty ». En effet, le MEDEF est un syndicat qui a pris le pas sur tous les autres, le leur laissant plus aucune marge de manoeuvre. Preuve en est  la multiplication des plans sociaux, sans que personne ne puisse rien faire si les syndicats muselés (à qui d’ailleurs on refuse l’amnistie sociale) ni ceux qui sont censés protéger le système productif comme Arnaud Montebourg et qui au moment d’agir se trouvent désavoués par le haut.

Ce n’est même plus caricatural de postuler que ce n’est pas le gouvernement qui est au commandes, c’est bien la triste réalité, les banques et le MEDEF sont à la tête et sont à l’origine des décisions les plus importantes, ils dictent la marche à suivre.

Ce mercredi 15 mai, François Hollande était attendu de pied ferme à Bruxelles au moment où l’on annonçais les chiffres catastrophiques concernant la baisse historique du pouvoir d’achat ou encore ce du déficit qui continue de se creuser. Nous pouvons dores et déjà nous attendre à encore plus de fermeté dans cette politique d’austérité qui étrange déjà assez ceux pour qui la vie est bien difficile, car ce qui intéresse et préoccupe nos dirigeants ce n’est non pas le pouvoir d’achat mais de ramener le déficit aux 3% du PIB comme promis lors de la signature du TSCG, la fameuse règle d’or.

Pourtant le pouvoir d’achat, lui, n’a jamais été aussi mal en point depuis 1984 et force est de constater que ce sont toujours les plus fragilisés qui se trouvent toujours davantage précarisés. Le chômage des extrêmes explose, à savoir celui des jeunes et des seniors, les femmes également demeurent en première ligne face à l’austérité puisqu’elles sont les premières victimes des contrats précaires, « Un million de femmes travaillent à temps partiel et déclarent souhaiter travailler plus contre 300 000 hommes », nous dit l’observatoire des inégalités. Par ailleurs, les femmes demeurent toujours à ce jour payées en moyenne 30% de moins que leurs collègues homme. Cette politique d’austérité touche comme d’habitude très largement le secteur public, où les femmes sont sur-représentées, qui en sont également les premières utilisatrices, en subissent du coup directement les conséquences. Notamment celle de la santé publique à travers la fermeture des centres d’IVG qui lamine les droits fondamentaux à la contraception et à l’avortement, ou encore la fermeture des maternités qui met la vie de ces femmes en danger.

Il devient de plus en plus difficile de vivre dignement pour ces femmes et ces hommes avec leurs petits salaires, leurs petites retraites et ces minimas sociaux qui permettent à peine de survivre. Il devient urgent de mettre en place une vraie politique humaine et qui mette enfin un terme à l’exclusion sociale et à la violence silencieuse qu’implique pour tous la politique d’austérité, qui mette fin à l’inégalité professionnelle. Il est temps de passer à autre chose, le social-libéralisme tue et provoque une perte d’autonomie et de liberté indéniable pour tous, il est temps de rétablir des services publics efficaces, suffisants et de qualité et ce cesser de vendre l’Etat aux marchés financiers. Si Etat il y a, il doit être providentiel et pas régalien.

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Révolutionnairement vôtre.

La Robe Rouge.

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Une réflexion sur “Moins belle la vie.

  1. Pour votre analyse, je suis d’accord.
    Une remarque sur le lien entre « travail » et « torture » : cette explication est contestable car le même mot latin a donné « travel » en anglais. Dans le midi, un « travail » était le systéme permettant d’immobiliser un animal de trait pour le ferrer. On pourrait donc en déduire que le travail est ce qui transforme (ou déplace). Et cela nous ferait sortir d’une vision doloriste du travail.
    GB

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