Chair à fric,

Tu es mon berceau, mais tu es aussi celui de toute l’humanité quand bien même ils l’ont tous oublié. Si bien qu’au fil des ans et des siècles, ils t’ont asservie, dominée, exploitée, malmenée, toi et tes enfants, se croyant supérieurs parce que finalement installés ailleurs.

Tes enfants ont subi le même sort, réduits en esclavage, colonisés , lynchés à cause de leur différence, ou plutôt pour avoir eu le  tort de ne pas être comme le dominateur. La barbarie, la  cruauté et l’intolérance: est-ce ainsi que se traduit la modernité?

Nous n’avions pas de frontières, mais il en ont dessiné à travers tout l’espace, nous étions des peuples certes différents, mais nous vivions en paix. Diviser pour mieux régner. Nous en sommes arrivés à détester nos propres frères, évidemment, maintenant mon prochain vivait de l’autre côté de la barrière, il n’était plus comme moi. Quelle stupidité que ce concept de pays. Mais quelle horreur humaine.

Puis, il y a quelque temps ils ont inventé quelque chose de formidable qu’ils ont nommé industrialisation, sept syllabes qui sonnent comme l’enfer. Ils ont  pris ça  comme une innovation, une avancée inédite et sans précédent. Ils ont rapidement développé ce concept qui en fait veut simplement dire pollution et exploitation, aussi bien des Hommes que de la terre.

Comme  on ne fait jamais les choses à moitié, ils ont également donné naissance à leurs damnées lois sur la compétitivité, le libre-échange et la concurrence, tu sais ce truc que l’ont appelle capitalisme et qui est soit votre pire ami ou votre meilleure ennemi et inversement.

Ensuite des organisations ont commencé à pulluler, souvent des sigles en trois lettres  qui veulent  tout et rien dire à la fois, OMC, FMI, BCE et je vous épargne des autres organisation qui n’ont aucun remord à se qualifier de supranationale : au dessus des autres nations et de leurs lois.

Vous ne croyez pas en Dieu ? Il y a le FMI pardi, prosternez-vous devant lui et accomplissez ses volontés. C’est ce qu’ils ont dit à l’Afrique. Ils sont arrivés, ils ont dit que désormais ici c’était une annexe, une expansion du Nord, ils n’ont pris en compte ni la volonté locale ni la spécificité environnementale. Mais suis-je naïve… depuis quand la démocratie existe-t-elle? Enfin, la vraie démocratie je veux dire. Quand la dictature n’est pas manifeste, incarnée par le chef charismatique, elle est marchande dans une incarnation perverse dont personne ne se rend vraiment compte.

Après des siècles de domination coercitive, après avoir exterminé les locaux, voici venir la néo-colonisation. Un nouveau moyen bien plus hypocrite pour installer la domination et l’autorité par le détour. Il consiste à faire croire qu’ils vont les aider, mais l’aide a une contrepartie très chère faite à base de soumission aux lois de la concurrence pure et parfaite ainsi que la permission d’exploiter le ventre de la Terre, ses trésors et de ses richesses.

La misère nous a poussés à prendre la fuite. Depuis, Afrique est devenue l’ombre d’elle-même: plus d’eau à boire et plus rien à avaler, nous somme partis. Mais si nous partons tous, qui va sauver Afrique? Nous sommes partis, nous travaillons et nous nous battons pour les droits d’autres pays tandis que nous laissons couler un continent entier. Ce continent qui a été notre maison à tous, un jour.

Chère Afrique… j’espère que tu me pardonneras.

Éternellement tienne,

La Robe Rouge,

P.S: Ceci est un hommage à toi, grande-tante, résistante et féministe avant-gardiste.

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3 réflexions sur “Chair à fric,

  1. Afrique, domination, exploitation, enfants, esclavage, industrialisation, pollution, fuite … puis hommage à la grande tante. Beaucoup prendront l’article pour un délire et diront : que vient faire la tante dans cet écrit ?
    Cette tante qui représente la femme africaine, algérienne et kabyle en particulier résume tout l’article et beaucoup plus.
    Contemplez bien la photo de cette dame ! Son regard perçant sans haine qui accuse ce monde cruel, qui a dominé et exploité sa terre l’Afrique. Ces soi-disant civilisés qui ont arraché de ses bras ses enfants pour en faire des esclaves puis des exilés, afin de construire les patries des oppresseurs. Ils crevaient dans les mines de charbon et broyés par les machines industrielles, ils ne respiraient que la pollution de ces monstres mécaniques sans aucune protection.
    Regardez cette femme qui a vaincu le temps, l’oppresseur, la misère et les drames. Elle a gardé ses facultés mentales jusqu’à son dernier souffle. Alors que les dames et les messieurs qu’on dit « civilisés » perdent raison et passent leurs vies à consulter les psychologues et les hôpitaux, s’ils ont la malchance d’assister à un accident de vélo.
    Oui, elle a vaincu l’oppresseur, même la tenue vestimentaire n’a pas pu la lui faire changer, elle a rejeté tout ce qui vient de ce bourreau : ses teintes de cheveux, ses boites de maquillage même ses dentiers en plastique, ce plastique qui a fait périr sa progéniture.
    Elle est restée naturelle comme sa terre, solide comme ses montagnes, pure comme ses sources. Certes, elle avait perdu cette terre et ses enfants, mais elle les a gardés au fond d’elle-même, là où personne ne peut les lui voler.
    Sachez que si Sophia a associé cette photo à son article, ce n’est nullement un pur hasard et si elle a rendu hommage à cette tante à la fin de son article c’est comme une couronne sur la tête d’un prince. En résumé, chaque mot que Sophia a utilisé dans cette publication, on peut le lire dans le portrait de cette grande dame, alors ce n’est ni un délire ni un travail d’amateur, mais c’est celui d’une professionnelle. Merci chère nièce.

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