Citoyenneté alternative Acte 1

Le terme « citoyenneté » vient du latin « civis » et qui signifie celui qui a droit de cité.

Aujourd’hui pourtant ce mot a pris un sens beaucoup plus restreint ne portant désormais plus que sur les droits civiques apportés par l’atteinte de la majorité à l’âge de dix huit ans, pour les titulaires de la nationalité française.

Cette notion atteint donc ses limites dans la mesure où elle est intimement liée à l’Etat qui est une institution foncièrement discriminante. Or, la citoyenneté est inhérente à l’égalité et ne peut être compatible avec l’existence des classes sociales. Ces dernières exercent en effet une domination financière, d’autres une domination symbolique et ce sont toujours les dépossédés qui en pâtissent.

L’idée serait donc de mettre en place une citoyenneté alternative, dont voici le premier point.

Cette société sera écologiste.

La protection de l’environnement ainsi que le respect de la biosphère apparaissent comme des principes fondamentaux dans la mise en place d’une citoyenneté alternative, non seulement parce qu’il y a l’idée de léguer une planète propre et respirables à notre descendance mais également parce qu’il en va de la sauvegarde des ressources naturelles et de l’équilibre de l’environnement.

L’industrialisation à outrance va totalement à l’encontre des intérêts écologiques puisque la production industrielle est très gourmande en énergies et est trop polluante. Il apparaît comme urgent de tourner le dos le plus qu’il nous est possible à ces industries qui nous poussent chaque jour un peu plus au consumérisme et à la dilapidation des ressources naturelles.

Il nous incombe donc d’opérer un boycott massif et rigoureux de la grande distribution et de retourner vers la production artisanale de tout ce qui nous est donné d’être produit par nous même.

Dennis Meadows. Voilà le nom du principal auteur du rapport portant le même nom publié par le Club de Rome en 1972. Le travail de ce collectif n’est pas fantaisiste et confirme la nécessité de prendre très au sérieux les préoccupations écologiques. Le capitalisme se place très clairement comme l’antinomie de l’écologie, et l’inverse est vrai.

Pour justifier ce postulat, le groupe d’intellectuels prend pour exemple le cas du nénuphar. En effet, ce végétal double sa surface tous les jours et est alors capable de recouvrir la surface d’un étang en trente jours seulement, ne laissant alors aucune chance à toute autre forme de vie. La croissance se comporte de la même manière dans le système capitaliste mais à plus long terme. Le capitalisme se traduit par un productivisme effréné qui doit sa vie à la recherche maladive d’une production et de profits toujours plus importants déniant complètement le caractère fini des ressources naturelles.

Croissance exponentielle.

Mais comme vous pouvez le voir, la croissance exponentielle a elle aussi une finitude, son terme est peut être plus long que celui du cas du nénuphar, sauf qu’il est désormais impossible d’évincer cette caractéristique. la plupart des activités humaines entraînent une consommation déraisonnable des ressources naturelles et créent une réelle et profonde lacune, vitale pour d’autres.

Il faut noter en effet, que le capitalisme, doit également sa relative prospérité à la confiscation des dotations écologiques des moins puissants et des moins fortunés. L’erreur que commet le capitalisme, c’est que la croissance un jour sera étouffée tout comme le sont les organismes vivants de l’étang à cause de l’action du nénuphar. Le capitalisme est bel et bien fini, mais il faut le contrôler si ce n’est le tuer avant qu’il ne nous tue tous.

Le modèle donné par le Club de Rome comporte bien évidemment des limites dans le sens où ils ont éludé un certain nombre d’éléments sur l’évolution démographique par exemple qui devrait se stabiliser autour de 2050, il apparaît cependant plus qu’urgent de prendre très au sérieux les problématiques écologiques dans toutes les formes de sociétés que nous mettons en place.

Ce qu’il faut en effet comprendre, c’est que l’écologie politique est une vaste supercherie politicienne qui comme l’a développé Gorz, n’est en fait qu’une recherche anxieuse de moyens de préserver l’industrialisme et le productivisme., motivée par la menace d’une apocalypse imminente. Elle se traduit dans le cadre de l’industrialisme et de la logique de marché par une extension du pouvoir techno-bureaucrate. Il apparaît donc très clairement que le capitalisme est fondamentalement incompatible avec l’écologie et que les intérêts de ce type ne peuvent passer que par une rupture radicale et nette avec la logique capitaliste, productiviste et marchande, si on peut appeler cela une logique.

Nonobstant, là où je puis m’accorder avec Gorz, c’est que l’écologie ne peut passer par l’Etat. L’Etat est en effet comme disait Marx une superstructure, et cette dernière est bien trop macroscopique pour prétendre pouvoir être à même de protéger les ressources naturelles ainsi que l’écosphère. C’est pour cette raison que la solidarité, point que nous développerons prochainement, vient tout de suite après comme la suite logique d’une réflexion sur la société dans la mesure où l’écologie entre dans une logique sociale et sociétale qui a besoin d’une organisation indépendante et atomisée pour que la solidarité ainsi que le développement durable puissent opérer de manière efficiente.

A suivre… La Robe Rouge

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