Pourquoi le bénévolat?

Par un paisible après-midi d’automne, entre la digestion d’un Ciabbata tomates/mozza et l’envie de rentrer chez soi, deux jeunes filles sont venues troubler le cours de littérature comparée.

Elles étaient envoyées par une association et venaient nous proposer de nous expliquer en quoi elle consistait. Elles cherchaient à recruter des bénévoles et nous ont donc expliqué que la mission était d’accorder deux heures de sa semaines pour accompagner un jeune entre 5 et 17 ans issu de zones urbaines sensibles, ZUS dans leur jargon; l’idée étant de contribuer (à sa modeste mesure), la fracture sociale mais également de faire se rencontrer deux personnes qui, a priori, n’auraient eu aucun lien dans la vie de tous les jours

Sans aucune hésitation, à la fin du cours, j’ai téléphoné au numéro indiqué le siège de l’association, qui venait tout juste de déménager au bas de la rue où se trouve ma fac. Un rendez-vous de présentation a très vite été fixé, et au début de la semaine suivante, je m’y suis rendue. 

La réunion  a été très convaincante, puisque c’est tout de suite que j’ai signé mon formulaire d’inscription. Quelques jours plus tard, Elsa, qui allait être ma future référente, m’a rappelée pour convenir d’un rendez-vous, j’allais rencontrer ma jeune et sa famille. J’ai été enchantée par la rapidité de la procédure et je me languissais de rencontrer cette famille ainsi que ma jeune.

Elsa m’a donc accompagnée et m’a présentée Rachida, 11 ans, qui vient d’entrer en sixième, mes également ses parents, son frère ainsi que sa soeur. La famille m’a tout de suite apprivoisée et le courant est très vite passé entre nous. La semaine suivante, nous avons organisé notre première sortie. Moi qui m’attendait à une petite fille réservée et timide, j’ai découvert une personnalité vive et extravertie qui ne demandait qu’a être révélée et écoutée. Un vrai bonheur pour moi. C’est donc avec grand plaisir que je retrouvais toutes les semaines ma petite acolyte pour des sorties diverses et variées, au musée, à la bibliothèque, dans des expos ou encore au cinéma.

Brillante élève, je n’ai rien eu à lui apporter au niveau de sa scolarité. Cette fillette avait seulement besoin de voir le monde et de s’ouvrir à l’univers de la culture, de prendre l’air et de voir autre chose que sa barre d’immeubles. Elle d’origine comorienne et moi d’origine kabyle, nous avons pu créer un véritable échange culturel et l’une comme l’autre avons pu apprendre des choses. l’une de mes sorties préférées, d’ailleurs, c’est lorsque je l’ai emmenée fêter le Yennayer, le Nouvel An Berbère et qu’elle a eu l’occasion de découvrir les chants, la cuisine et les traditions. J’ai vraiment eu le sentiment de la transporter vers un ailleurs, de la faire voyager alors que nous étions toujours dans le même pays, dans la même ville et dans le même quartier.

Par le biais de l’AFEV et de mon accompagnement, j’ai également eu l’occasion de rencontrer d’autres bénévoles tous plus motivés les uns que les autres, avec lesquelles nous avons régulièrement organisé des sorties collectives, l’occasion que bénévoles et enfants se retrouvent tous, mais également d’une autre enfant qui se trouve être la voisine et camarade de classe de ma jeune. Nous nous sommes très vite entendues et elle allait bientôt nous accompagner elle aussi à chacun de nos rendez-vous avec Rachida. J’ai alors essayé de leur montrer qu’il est possible de faire des choses sympathiques et intéressantes à Marseille, sans avoir à débourser un seul euro.

Puis j’ai eu l’honneur d’être désignée pour représenter l’AFEV dans le réseau des ambassadeurs et ambassadrices de l’AFEV à travers la France afin de promouvoir, soutenir et prolonger l’action de l’association, mais également harmoniser les les actions et en mettre en place de nouvelles.

Mon accompagnement touchant à sa fin, l’heure du bilan sonne. Je m’étais posée beaucoup de question, sur mon impact, ce que j’avais pu apporter, et j’ai été rassurée par les salariées qui me disaient que l’accompagnement va bien au-delà et que même si je ne le voyais pas, j’avais forcément apporté quelque choses à ces jeunes filles.
Cette association reconnue d’utilité publique par le Ministère de l’Éducation Nationale permet véritablement de se réaliser en tant qu’individu. Une remise en question de soi mais également de la société est rendue possible en ayant la possibilité de voir de près les inégalités et de les mesurer. On prend alors conscience de la misère humaine, celle qui ne se manifeste pas, et de cette fracture sociale qui est une réalité et qui s’est opérée dans la ville par la politique municipale et urbaine désastreuse menée ces dernières décennies, ici mais également ailleurs.

J’ai notamment réalisé à quel point il était nécessaire (bien que pas encore suffisant), de se rendre utile à la société et de mener des actions qui la font avancer et qui permettent de pratiquer de la politique active.

Cette action bénévole menée régulièrement, m’a donné de vivre pleinement mon humanité et d’avoir véritablement crée du lien social.
Comme j’ai coutume de dire, ce n’est pas un hasard si nous avons été doués de la faculté de langage et qu’autant d’outils linguistiques sont mis à notre disposition. Il s’agit en effet de les exploiter au maximum afin d’échanger, discuter, partager et surtout découvrir l’autre dans ce qui nous différencie de lui et ce qui nous en rapproche. L’autre est un continent, il faut simplement prendre la peine de le connaître et d’apprendre de lui.

L’AFEV a été un prisme formidable sur la société et huit mois après mon engagement, je sors grandie et enrichie de l’aventure.

 

 

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Hilarité et Consternation.

Notre cher bonhomme, essayiste auto-proclamé, voyant des complots partout, sera le sujet de ma réflexion aujourdh’ui. Il y avait bien longtemps que je voulais rédiger un papier sur celui qui se prend pour le Che du XXIème siècle, mais je me disais que ce serait lui faire de la réclame qu’il ne mérite pas. Qu’à cela ne tienne, il faut parfois se secouer les puces pour combattre l’ennemi et rétablir la vérité. Alain, voit donc des complots partout, des lobbys gays, des complots maçonniques et sionistes, féministes, tout le monde en veut à « la race blanche chrétienne ». Oui, oui, Alain passe des heures à se faire mousser dans des vidéos dans lesquelles il vous démontrera par a+b que tout le monde est un ennemi de la République et que tout le tissu associatif, politique et citoyen fait en sorte de détruire l’ordre naturel des choses. Alain se définit en effet comme un homme de « gauche » économiquement, mais de droite en terme de « valeurs ». Vous voyez là où je veux en venir? Oui, la peste brune. Pourtant monsieur se défend de n’être pas affilié au Front de la Haine, mais comment définir sa ligne idéologique autrement qu’ainsi? C’est bien le Front National qui se targue d’être l’alternative du peuple, en véhiculant un soi disant discours de gauche en étant contre toute avancée sociale et sociétale. Alain a une dent contre SOS Racisme. Entre nous, comment peut on postuler que c’est SOS Racisme qui véhicule le Racisme en France? Parce que c’est ce qu’il postule. Il ose en effet déblatérer de telles inepties tout en étant convaincu que son analyse est d’une véracité incontestable. Moi ce que je vois surtout, c’est que ce type est un con testable.
Dans l’une de ses vidéos, il reprochait notamment a Aymeric Caron  de notifier aux personnes qu’il interrogeait de ne pas justifier leurs propos par des sources fiables, comme ce fut le cas par exemple pour Véronique Genest.
Notre joyeuse islamophobe, suppléante d’un député, se lançant donc en politique, n’acceptait pas qu’on lui reproche de devoir citer ses sources lorsqu’elle avançait que le plus grand génocide a été commis par les musulmans sur les Hindous. Soit… Est-ce répréhensible que demander d’où viennent ces informations et les chiffres qu’elles supposent? Je n’ai aucune affection particulière pour monsieur Caron, mais pourquoi lui reprocher de vouloir faire son travail de journaliste correctement afin d’éviter une discussion type « café du commerce »? Nous sommes déjà bien servis en terme de débats sans fondements et sans contenu pertinent par les médias, si en plus on s’amuse à reprocher à ceux qui osent relever un petit peu le niveau, ce sera (encore plus) la fin des haricots.
Le problème également, c’est que Alain a un ego surdimensionné, ah il n’y a que lui qui a raison, il a réponse à tout. Si si, c’est la parole divine qu’est la parole d’Alain, dans les rares débats auxquels il s’est livrés, il était sans cesse dans l’invective et le jugement de valeur et ne résonnait jamais en terme d’échanges d’idées et de paradigme, pour lui seule sa ligne est la bonne, tout le reste ne vaut même la peine d’être entendu. Dès que quelqu’un a le malheur de ne pas être d’accord avec sa ligne idéologique, il l’accuse d’être agressif et vulgaire, tellement facile lorsque l’on n’a pas d’arguments à avancer. Il s’amuse en effet à nommer « un con du mois », ce que je trouve déjà assez limite comme méthode d’ailleurs, quand il ne s’agit pas de mettre en lumière des faits clairs et justifiés concernant ladite personne. Dans cette même vidéo, où il fait le procès d’Aymeric Caron, il accuse donc SOS Racisme d’être une organisation juive qui serait responsable de la haine anti-français de souche (voyez donc là son obsession des juifs qu’il voit absolument partout et qui est ici totalement injustifiée d’ailleurs, depuis quand SOS Racisme a-t-telle une couleur religieuse, vous m’en ferez part si vous avez une réponse pertinente car mis à part être une association, je ne vois pas ce que SOS Racisme a de « juif », et quand bien même où est/serait le problème?)
Monsieur se met dans en scène dans des vidéos de plus d’une heure, dans lesquelles il passe en revue l’actualité du moment. Tout le monde le fait mais ce qui me gêne, c’est que lui et ses sbires, accusent sans cesse les autres blogueurs ayant recours au même outil d’information de narcissisme. Lui, a la parole divine, a le droit de tout dire, mais pas les autres. Machiste invétéré, (qui se perçoit même dans sa façon si désinvolte de s’asseoir), c’est lui qui a qualifié les Femen de « putes ukrainiennes. Là aussi, jugez de la pertinence de son jugement. Dans une autre de ses vidéos, il fait l’analyse du féminisme et juge que c’est une supercherie et que c’est le cheval de Troie du capitalisme. Sous prétexte que les femmes refusent de se cantonner aux simples fonctions de reproduction et domestique, il affirme que le féminisme n’est en rien une lutte intégrée à la lutte des classes. On force les femmes à garder ce rôle, entre quatre murs, un travail à plein temps et tout ceci, sans la moindre rétribution. Cet ennemi du féminisme vous dira que c’est un complot capitaliste: la mise au travail des femmes à pour seul intérêt l’intégration de la valeur qu’elles produisent au stock de capital et que in fine l’unique intérêt est de déplacer la production domestique non marchandé vers la société capitaliste en une production marchande au service de la grande industrie. Le raccourci est pourtant très maladroit, si effectivement le travail et aliénant, il l’est pour tout le monde et pas seulement pour les femmes. Par ailleurs, le travail domestique, effectué à 80% par les femmes et lui aussi un travail très aliénant, non seulement parce que c’est un travail, et que par nature il est aliénant, mais également parce qu’il est subi, imposé dans le rapport de force entre les hommes et les femmes. Par conséquent, le travail ouvrier est confisqué aux femmes. Ainsi, à mon sens, il ne s’agit pas de libérer la femme de la domination du mari pour la translater à celle du patron, ou la libérer de celle du patron au profit de celle du mari, il s’agit de la libérer de toute forme de domination, quelle qu’elle soit. Et c’est là que l’analyse de Monsieur Soral est bien mince et lacunaire.
Vous ai-je déjà parlé de l’argument Morano? Mais si vous savez! Pour reconnaître un homophobe, un racisme ou un sexiste, mettez le à l’épreuve et dites lui  » vous êtes raciste/homophobe/sexiste « , la plupart du temps, comme Nadine Morano, la personne vous répondra,  » pas du tout, j’ai un ami/voisin/collègue juif/arabe/noir/homo/femme (déclinable à volonté) ». Ainsi, lorsque l’on a reproché à Nadine Morano d’être raciste, elle avait répondu le us naturellement du monde qu’elle avait « une amie plus noire qu’une arabe ». Alain Soral, a également prononcé une phrase de ce genre, « vous voyez je ne suis pas sexiste, j’ai fait publier une femme ».
Alain, Alain… Tu me fais rêver…
Bon, j’arrête là pour aujourd’hui son site me donne des nausées.

Révolutionnairement vôtre,
La Robe Rouge. )

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Quatre nuances de municipales.

 

Rouge.

Par un beau dimanche ensoleillé, je reçois un sms d’un camarade de la section du Parti Communiste Français du 10 ème arrondissement de Marseille me demandant si je voulais faire la campagne des municipales et rejoindre leur liste. Ni une ni deux, j’accepte bien volontiers. Les élections allaient avoir lieu au printemps et l’espoir de voir fleurir une saison rouge m’émouvait et me gonflait d’enthousiasme. Je sentais bien que cette campagne allait être très spéciale et mémorable… C’est plus tard que je comprendrai que ce ne seraitpas tout à fait comme je l’imaginais. C’était la première fois que je m’investissais autant dans une campagne. J’ai fait en sorte de participer à un maximum d’actions possibles, d’être présente dans les débats. Nos rencontres avec les électeurs étaient souvent magiques, beaucoup nous manifestaient leur soutien dans la rue et j’étais heureuse de voir que les gens croyaient toujours aux rouges, aux passionnés, aux humanistes. Nous avons également rencontrés des gens « de l’autre bord », comme ils nous disaient, lorsqu’ils étaient assez intelligents, nous discutions avec eux, nous partagions les uns et les autres nos paradigmes, nos opinions et notre vision sur le quartier. Les élections municipales sont les plus importantes à mon sens: elles touchent à la vie du quartier et tout changement se perçoit, à la différence des élections « du haut », où finalement, que ce soit de « gauche » ou de droite, la politique menée est la même, une politique au service du patronat, du libéralisme et des intérêts des actionnaires. J’étais jusqu’à présent désabusée de toujours me faire confisquer mon vote du second tour, à toujours voter contre quelqu’un. En 2012, je n’ai pas voté pour François Hollande, j’ai voté contre Nicolas Sarkozy…

Qu’à cela ne tienne, je me disais que cette fois, après vingt longues et horribles années de gaudinisme, nous allions enfin transformer Marseille en ce qu’elle doit être, une ville humaniste à l’image de son histoire, une ville de culture (et pas seulement au vu de son label de l’année dernière), une ville de tolérance et de partage. Nous devions y arriver et nous ne pouvions plus laisser confisquer Marseille par les mafieux de la droite, par les les clientélistes de tous bords et par nos voyous en costard (les plus dangereux des voyous d’ailleurs) qui se partagent la ville et en font un bastion de l’investissement pour en faire une ville de bourgeois pour attirer les bourgeois. Euromediterranée, Les Terrasses du Port, Le Stade Velodrome que JC. Gaudin veut revendre, le tunnel Prado-Sud, et je vous passe les autres projets tous plus scandaleux les uns que les autres et qui annihilent complètement la véritable volonté des marseillais. A quel moment avons nous eu le choix?

Nos listes Marseille à Gauche, L’Humain D’abord, avaient un programme de véritable transition, d’une rare pertinence et étaient parfaitement adapté aux besoins de Marseille et des ses quartiers. Redonner des services, penser écologiquement la ville, penser à réouvrir des crèches, les centres sociaux, un vrai programme, ou plutôt un vrai programme de gauche, réaliste qui coupait complètement avec les propositions démagogiques des autres partis. Je pensais que les citoyens allaient voir la différence, nous étions là, avec toute notre sincérité et notre spontanéité et j’étais persuadée (grande naïve que je suis), que ces derniers allaient comprendre que nous étions les porte-parole de leurs besoins et de leurs intérêts.

Bleu.

Durant cette campagne, j’ai appris ce qu’était le clientélisme. Jusqu’à présent, j’entendais parler des Bouches-Du-Rhône comme le berceau de celui-ci, mais j’essayais toujours de me persuader que c’était un fâcheux stéréotype. Et bien non, détrompez-vous, cela est bel est bien une réalité. Je me souviens notamment d’échanges que j’ai eus avec des habitants de quartiers populaires, des co-propriétés laissées à l’abandon par la Mairie, dans lesquelles le chômage et la pauvreté explosent mais avec des militants ou des sympathisants de Guy Teissier, le maire UMP du cinquième secteur de Marseille, 9ème et 10èmes arrondissements. J’ai alors demandé comment cela se faisait, eux qui mieux que quiconque côtoient la misère quotidiennement et qui en sont les témoins les plus parfaits. J’entendais alors pour réponse, le plus naturellement du monde, « quand j’ai besoin d’un appart’, Guy était là, quand j’ai eu besoin de donner un souffle nouveau à mon association, Guy a tout payé et m’a octroyé un synthétique tout neuf pour entraîner mes gamins », et cetera, et cetera. J’étais choquée, abasourdie et outrée de voir à quel point ce genre de pratiques étaient normales au yeux des gens, à quel point c’était monnaie courante et à quel point petit à petit cela se démocratise.

Le panneau numéro 7 des affichages officiels nous était attribué, c’est avec consternation qu j’ai vu qu’à plusieurs reprises Guy Teissier et son équipe de campagne recouvraient nos affiches. Le Front de Gauche leur ferait-il peur? Le Front National, lui, nous a montré son véritable visage, à coup d’intimidations multiples. Notre combat pour l’humanisme se justifiait plus que jamais, ici à Marseille, ville laissée entre les mains des fascistes, ville dans laquelle UMP et Fhaine sont si proches, là où il n’y a aucune frontière.

Violet.

Lorsque j’ai entendu la candidature de Pape Diouf, j’ai cru à une blague. Une blague de très mauvais genre. Depuis quand l’ex patron de l’OM a-t-il la moindre idée des préoccupations de marseillais. Depuis quand a-t-il la moindre idée de la pauvreté qui ronge Marseille et des inégalités qui montent en flèche, lui le bourgeois.
Un samedi après-midi, alors que je me rendais sur mon lieu de travail, il était là, en bas de ma cité, avec ses gardes du corps, sur la terrasse du snack. Tous les jeunes étaient réunis autour de lui, il parlait « de la journée de la femme ». Vous avez compris.
Cette candidature m’insupportait. Il faisait miroiter à ces jeunes livrés à la déscolarisation et au chômage qu’il les ferait réussir.
Plus tard, lorsque nous sommes allés à la rencontre de la population de ma cité, nous avons discuté avec eux de cette apparition et voici l’une de leurs réponses:  » Pape Diouf m’a dit que si je votais pour lui, il le ferait faire des essai à l’OM ». Ou comment instrumentaliser la misère… Ce brave type ne travaille plus chez L’OM et donne de faux espoirs à des jeunes livrés à eux même à des fins carriéristes et électoralistes.
Depuis un an et demi, nous nous battions pour la réouverture du centre social avec les communistes du 10eme arrondissement et beaucoup d’autres agents militants comme Samuel Thomas de La Maison des Potes, il a également eu le culot de leur promettre lui aussi sa réouverture alors que nous ne l’avons jamais vu militer ni entendu parler de ce projet. Définition quasi-parfaite de l’arrivisme.
Au final, cette candidature pseudo de gauche n’a desservi qu’une seule liste: celle du front de gauche, à mon sens, et c’est en cela que j’en veux à la liste violette. Le danger à Marseille c’est JC Gaudin qui depuis vingt ans à mis en ruine notre ville, je ne comprends donc pas, pourquoi porter atteinte si ouvertement au Front de Gauche qui est le seul a avoir pour aspiration de défendre les intérêts des marseillaises et des marseillais.

Blanc…?
Après une longue réflexion et concertation avec moi même, j’ai décidé de voter CONTRE le Fhaine et CONTRE l’UMP au second tour. C’est un choix difficile qui ne signifie en AUCUN cas que j’encense la politique menée au national par le gouvernement « social »-libéral, lui qui, depuis bientôt deux ans n’a cessé de mettre en scène la casse sociale et de prendre des décisions qui vont toujours dans le sens contraire de ce que nous, véritables gens de gauche, appelons socialisme.
Ne serait-ce qu’au regard de ce qui s’est passé ces dernières semaines pour mes camarades professionnels du spectacles, bouffés par le MEDEF via les décisions de GATTAZ acquiescées par le gouvernement, ces décisions sont indignes et honteuses. Lorsque nous sommes sortis dans la rue pour protester, et ce dans plusieurs villes de France, la démocratie a été gazée, mes camarades ont été gazés comme de vulgaires insectes. Si des socialistes sont capables de prendre ce genre de décisions, que peut-on attendre d’élus UMP ou FN?
J’en appelle donc à votre esprit de discernement, réflechissez bien et surtout ne laissons pas notre 5 ème secteur marseillais entre les mains des fascistes, ne laissons pas notre ville à la merci de la haine, ne laissons pas notre pays devenir un bastion d’un libéralisme et d’un capitalisme ascétique qui pratique la chasse au pauvre, à l’homo, à l’immigré, au sans-papiers, à l’ouvrier, au non-chrétien etc, etc…

Aux urnes citoyens…!

Révolutionnairement vôtre,

La Robe Rouge.

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Lumpenproletariat

La seule raison pour laquelle j’en veux profondément à l’école de la République, c’est de ne pas m’avoir prévenue d’une chose. Du moins, d’avoir omis de nuancer son propos concernant un sujet précis: il n’y a en réalité pas d’ascenseur social. Non. Il y en a deux. L’un pour les riches, l’autre pour les pauvres L’un qui est un immense cylindre en verre un peu comme on pourrait voir dans les gratte-ciel dernier cri à Hong-Kong; l’autre est un ascenseur cabossé d’un HLM des années soixante du quartier le plus dépravé de Corbeille-Essonne et qui fonctionne une fois sur deux : je suis gentille.

L’ascenseur bourgeois est beau, il y a du jazz en musique de fond et vous emmène étage par étage, exactement là où vous voulez aller. Celui du lumpenproletariat  débloque grave : si vous avez la chance que la porte s’ouvre, vous êtes un gros veinard (hum, hum!) Et puis surtout, très souvent, il se bloque, ne monte pas bien haut, il sent l’urine de chien et grince quand il veut bien grimper.

En fait, on vous fait croire que vous êtes chanceux. On vous fait croire que « mais c’est super! Tu devrais être reconnaissant-e, tu as une bien meilleure condition que tes parents ». En effet, ce n’est pas bien compliqué de faire mieux que ces parents malades, analphabètes ou sachant à peine lire, dépressifs  immigrés, ouvriers, sans-papiers et je vous passe les autres allègres dotations initiales.

Oui, depuis toujours et de tout temps nous sommes éduqués à nous satisfaire de situations qui en soi sont loin d’être satisfaisantes sous prétexte que « ça aurait pu être pire ». Bah oui ma fille! Estime toi heureuse, tu ne seras pas une incubatrice sur pattes, contrairement à ta mère tu as la contraception et l’IVG.

Ah booooon…?

L’Espagne, oui tu sais nos voisins de pallier, européens, l’OCCIDENT Gary! Un pays du Nord, civilisé, un moralisateur et donneur de leçons, l’un des précurseurs des Droits de l’Homme. Pardon, avec un petit « h » en réalité. Sexe masculin, blanc, chrétien, hétéro, en CDI et partisan de la croissance et du libéralisme. Et si tu ne fais pas partie de cette catégorie… je ne parle pas aux sous-prolétaires.

L’Espagne donc, n’a pas hésité à reculer sur ce droit, un grand bon en arrière, ce qui a suscité de vives réactions chez nous en France réveillant les aspirations obscurantistes de nos chers copains les pro-vie (ou plutôt les anti-choix). Evidemment, en France il n’y a ni chômage, ni pauvreté, ni précarité, ni austérité, ce qui pose problème c’est que des femmes choisissent de ne pas poursuivre une grossesse. Ah ça! C’est TE-RRIBLE! Aucune morale ces bonnes femmes qui n’assument pas leur fonction de reproduction. T’as vu j’parle comme Le Pen père (regarde ici si tu ne me crois pas).
Le pire c’est que pas plus tard que lundi, j’ai ouï dire par l’un de mes enseignants, qu’en France, il n’y avait pas de patriarcat. Le genre de trucs qu’il faut vraiment s’abstenir de prononcer devant moi. Pour parler de patriarcat il faut être lapidée sur la place du village, sinon, oh rien de méchant, la femme qui meurt tous les deux jours sous les coups de son compagnon: BAGATELLE. Celle qui a compétence égale gagne 30% de moins: que nenni, point de patriarcat. Que des hommes achètent les faveurs sexuelles d’une femme: ne vous offusquez point tout est marchandise chez Mr Capitalisme, même les humains, surtout les femmes.

Je vous disais donc que je regrette sincèrement de ne pas avoir été prévenue que Bourdieu disait vrai à propos de  ces histoires de capital social. Déçue de ne pas pouvoir emprunter le même ascenseur que la nana de mon âge qui vit à Neuilly, je veux écouter du jazz moi aussi, merdum.
Lorsque je vous parlais de riches et de pauvres, ce n’est pas un raccourci facile et naïf. Depuis toute petite j’ai cette intuition que celui qui est riche n’est pas seulement celui pars en vacances deux fois par an, une fois au ski et une fois sur la Côte d’Azur, c’est également celui qui a un bon carnet d’adresse et qui d’un coup de téléphone peut se débrouiller pour avoir un entretien d’embauche, celui qui dans l’année sera régulièrement allé au cinéma, au théâtre, voir des expositions, qui possède en somme une connaissance pointue de l’histoire, de la littérature et du patrimoine. On reconnaît le pauvre lui, à ses arbitrages entre aller chez le dentiste ou se payer une nouvelle paire de chaussures, à sa nature écolo-forcé économisant intempestivement l’électricité et le chauffage (c’est pas malin d’ailleurs parce que du coup il tombe malade et se retrouve face à un nouveau dilemme).

On nous endort donc avec de bien curieuses préoccupations, aujourd’hui le problème c’est l’IVG, une soi disant théorie du genre enseignée aux enfants, le mariage homosexuel, « les juifs et les arabes », et plus du tout notre avenir. Quelqu’un va-t-il enfin se préoccuper du fait que continuer à austéritériser va finir par nous tuer? Oui, oui, vous avez bien entendu, l’austérité tue à petit feu par la précarité énergétique, un accès au soins réduit et cette fichue médecine à eux vitesses, l’exclusion sociale (c’est sûr que c’est tellement simple de s’intégrer, immigré ou pas, lorsque l’on te coince dans ta cité dépourvue de tout accompagnement au logis) et la précarité financière en générale.

Laissez-nous disposer de notre corps librement bon sang, laissez nous faire des enfants lorsque l’envie nous prend et surtout ces enfants, épargnons leur une éducation sexuée, donnons-leur simplement une bonne éducation, inculquons leurs de bonnes valeurs : celles de la tolérance, de la fraternité, du partage, de la curiosité… il y a tellement de choses à apprendre à des enfants plutôt que leur rappeler que le rose c’est pour les filles et le bleu pour les garçons.

Bizarrement, lorsqu’il s’agit de protester afin de payer un taux marginal d’imposition moins important que celui de Liliane B., on n’entend plus personne. Hé oui… Nous adorons et nous prosternons devant les détenteurs du Dieu Suprême: Argent.

Révolutionnairement vôtre,

la Robe Rouge.